Lorsque l’on évoque la dynamique du monde de l’assurance, l’image d’une grande machine traditionnelle, lourde et parfois récalcitrante à l’innovation, nous vient souvent à l’esprit. Et pourtant, la grande surprise de ce début de 21e siècle est bien le gigantesque coup de fouet donné par les insurtech. Au cœur de cette transformation, Guillaume Bonnissent, une figure de proue, n’hésite pas à encourager ses pairs à adopter cet esprit de disruption. Un terme qui peut parfois sembler galvaudé mais qui, dans le contexte de l’assurance, prend tout son sens.
Un vent de changement sur le secteur
Il n’est pas rare que les industries bien établies voient d’un mauvais œil les nouveaux venus apportant avec eux, non pas seulement des idées fraîches, mais carrément des bouleversements. En assurance, cet élan est incarné par des entités comme Next Insurance, qui, il y a peu, s’est retrouvée sous le feu des projecteurs par son acquisition par Ergo, une filiale de Munich Re. Avec une valorisation de 2,6 milliards de dollars, l’opération n’est pas anodine. Elle illustre bien la tendance actuelle où les géants du secteur se ravitaillent en nouvelles technologies non pas pour remplacer l’ancien mais pour en tirer le meilleur.
Et là, on se pose la question fatidique : pourquoi injecter autant dans une start-up encore en quête de maturité ? Parce que, tout simplement, l’innovation coûte cher. Mais elle est essentielle. Oui, même pour les grands d’aujourd’hui qui doivent intégrer ces technologies disruptives pour rester compétitifs demain.
Les défis d’une disruption réussie
Disruptive. Ce mot a fini par évoquer à la fois excitation et appréhension. Quand on pense à ces insurtech qui ont tenté l’aventure, il est clair que tout ne s’est pas déroulé comme sur des roulettes. Prenez, par exemple, la difficulté éprouvée par ces nouveaux acteurs à percer dans un marché dominé par des mastodontes historiques. Au-delà du simple fait de proposer des prix attractifs, il s’agit aussi de comprendre et de surpasser des défis de taille : la sélection adverse, l’énorme poids réglementaire, et surtout, le manque de données historiques dont seuls les anciens disposent.
Et Guillaume Bonnissent, en fin observateur, nous le rappelle sans détour : pour révolutionner le monde de l’assurance, la technologie doit s’accompagner d’un savoir-faire pointu et d’une compréhension aiguë des dynamiques du secteur. L’ancienne garde ne passe pas le flambeau aussi facilement qu’on pourrait le croire. Elle s’arme des outils du futur, bien sûr, mais elle ne lâche pas sa place pour autant.
S’adapter ou disparaître ?
Il fut un temps où, en arpentant les couloirs de Hiscox, Bonnissent entendait murmurer que l’avenir des assurances appartenait aux sociétés technologiques. Cette prédiction se réalise sous nos yeux, mais pas nécessairement de la manière dont on l’entendait. Les insurtech ne détrônent pas forcément les géants. Non, la disruption vient souvent de l’intérieur. Les compagnies traditionnelles adoptent non seulement l’innovation, mais l’intègrent pleinement à leur ADN.
C’est cette hybridation entre l’ancien et le moderne qui donne lieu à un secteur en perpétuelle ébullition, prêt à répondre aux futurs enjeux numériques et aux attentes des consommateurs modernes. Et ici, pas de place pour s’endormir sur ses lauriers !
Pour illustrer cette effervescence, l’exemple de l’année passée avec la montée en puissance des partenariats entre assurés et ces nouvelles structures bouillonnantes de créativité. Les chiffres le montrent : ces collaborations apportent bien souvent des solutions à des problèmes complexes, allant de l’automatisation des processus à une meilleure gestion des risques.
Et vous, n’avez-vous jamais ressenti cette petite étincelle en vous qui vous pousse à bouleverser les codes établis ? Qu’attendriez-vous pour embrasser votre côté disruptif, comme le suggère si bien Bonnissent ?
Comme toujours, le vent du changement souffle. Et ce vent, il est préférable de l’avoir dans le dos.


