Une transition générationnelle dans l’assurance auto
Dès qu’on entend parler du Bureau de tarification en Belgique, ce fameux organisme qui vient à la rescousse de ceux que les assurances ont snobés, on se demande toujours pourquoi les jeunes semblent petit à petit dévier de cette alternative. La génération Z, ces jeunes pleins d’énergie et en quête de liberté au volant, tournent le dos à ce bureau pourtant destiné à être un filet de sécurité. Alors, pourquoi ce désamour? Voyons cela de plus près.
Tout d’abord, une petite piqûre de rappel. Le Bureau de tarification est une structure qui permet à quiconque ayant essuyé au moins trois refus d’assurance de pouvoir tout de même obtenir le précieux certificat pour rouler sans encombre sur nos routes. C’est un peu comme le joker de ceux que le système classique a délaissés. En 2024, ce ne sont pas moins de 23 500 véhicules qui ont pu être assurés grâce à lui. Pourtant, on observe une diminution constante du nombre de jeunes conducteurs qui y ont recours.
Changement de comportement des jeunes conducteurs
Un chiffre retient notre attention : les jeunes de moins de 26 ans, qui représentaient une part non négligeable des bénéficiaires, reculent dans les statistiques. En 2016, environ 4 000 d’entre eux faisaient confiance au Bureau. En 2024, ce chiffre était tombé à près de 2 800. Mais que se passe-t-il ?
Barbara Van Speybrouck d’Assuralia soulève plusieurs hypothèses intéressantes. Peut-être que les jeunes préfèrent attendre un peu avant de passer leur permis, ou alors, ils profitent encore de la voiture familiale tant qu’ils vivent chez leurs parents. La cloche de la maturité qu’on entend souvent retentir lorsque nos parents nous disent : “Tu verras quand tu auras ton permis !” semble avoir un retentissement différent aujourd’hui.
Une autre explication, plus technique, réside dans l’avancée des nouvelles technologies. Les voitures deviennent de plus en plus sûres avec des systèmes d’assistance à la conduite qui réduisent inherently le risque d’accidents. Moins d’accidents, c’est aussi moins de raisons de se faire refuser par une compagnie classique.
Des refus d’assurance encore présents mais pas systémiques
Malgré une baisse notable des recours au Bureau de tarification, cela ne signifie pas que le travail des assureurs envers les jeunes s’est radicalement adouci. Barbara Van Speybrouck rappelle que le refus d’assurer reste marginal mais repose sur des bases explicites : trop de sinistres, des primes impayées, ou encore des déclarations mensongères.
Ces raisons qui laissent certains au banc des assurables, bien qu’expliquées, ne racontent pas toute l’histoire des jeunes et du Bureau. Les jeunes conducteurs qui réussissent à sortir du circuit du Bureau de tarification trouvent parfois des offres tout à fait compétitives chez les assureurs classiques – une tendance que l’on doit sans doute aux stratégies marketing ciblées sur ces jeunes clients potentiels.
Une vision sociétale plus large
Le Bureau de tarification ne concerne qu’une toute petite partie du parc automobile belge, 0,13% pour être précis, mais son rôle est crucial (pardonnez cet écart linguistique) pour ceux qui en ont besoin. En plus de permettre à tout un chacun de rouler assuré, même lorsque toutes les portes semblent fermées, il combat également le fléau de la non-assurance. S’il est impératif d’être à jour avec son assurance au regard de la loi, c’est aussi et surtout pour les indemnisations vitales qu’il fournit aux victimes d’accidents de la route.
Chez les conducteurs plus âgés, notamment ceux de plus de 75 ans, le recours au Bureau reste étonnamment stable. Cela pose question : la jeunesse serait-elle simplement plus adaptable aux nouvelles conditions du marché ?
On se retrouve avec une situation où le Bureau assume son rôle de garant social et assure une transition vers une assurance plus inclusive. Car ne l’oublions pas, avaler la pilule d’une assurance un peu plus chère par ce biais reste meilleur que de contourner la loi.
La tâche à venir
David Clarinval, vice-premier ministre en charge de l’Économie, continue de surveiller ces chiffres avec attention. La baisse des contrats via le Bureau depuis 2018 nécessite réflexion pour anticiper les besoins futurs. En somme, la route est tracée, mais semée d’embûches pour certains.
Chacun, du vieux briscard au jeune inexpérimenté, mérite sa chance sur la route. Trouver l’équilibre entre l’assurance classique et les solutions offertes au Bureau de tarification est une question complexe mais cruciale pour assurer la fluidité du monde de l’assurance.


