Une demande de devis en ligne peut impliquer plusieurs acteurs et plusieurs transferts d’informations, sans que l’assuré voie les échanges en coulisses. Dans un parcours d’Open Insurance API, vous autorisez, par exemple, une application à récupérer des données pour préparer une proposition. Qui les reçoit ensuite ? Combien de temps les conserve-t-on ?
L’ouverture des échanges peut faciliter des services utiles, mais elle élargit aussi les risques liés aux données. Une information de contrat ou de sinistre mérite une protection attentive, même lorsqu’elle ne circule que pour établir un devis. Pour les consommateurs, la question dépasse donc la simple rapidité du parcours : le partage est-il limité à ce qui est nécessaire ?
Voici les repères pour comprendre le fonctionnement, les usages et les points de vigilance, sans confondre une connexion pratique avec une garantie de sécurité. L’enjeu est de savoir quelles données circulent, entre qui et sous quelles règles, puis de comprendre le fonctionnement des échanges.
À retenir
- Une API organise les échanges entre logiciels distincts.
- L’accès d’une application ne signifie pas que toutes les données sont ouvertes.
- Une permission doit correspondre à un usage clairement expliqué.
- Un incident chez un tiers peut toucher plusieurs acteurs reliés.
- Les consommateurs peuvent vérifier les données demandées avant d’autoriser un partage.
Que permet une Open Insurance API et comment fonctionne-t-elle ?
Deux systèmes qui ne parlent pas spontanément le même langage peuvent échanger si une API fixe les règles de leurs demandes et de leurs réponses. Une API, ou interface de programmation, est un ensemble de règles qui permet à des logiciels distincts d’échanger des requêtes et des données de manière structurée. Chaque échange dépend des règles définies pour l’accès et la réponse.
Concrètement, une application envoie une requête précise, puis le système connecté renvoie une réponse dans un format prévu. Dans l’assurance ouverte, ces échanges rendent accessibles, utilisables et partageables des données liées à l’assurance, personnelles ou non, entre différents acteurs. Ils peuvent soutenir des services, des applications et des modèles d’affaires.
Les styles REST s’appuient sur HTTP et peuvent transporter des données JSON, XML ou HTML. SOAP suit une autre approche et impose XML pour les messages de retour. REST et SOAP décrivent des styles techniques, pas des catégories d’accès. Une API publique ne rend pas toutes les données accessibles sans restriction. « Publique » signifie que des développeurs peuvent accéder à l’interface, sous les conditions prévues.
Une API publique décrit l’accès à une interface, pas un libre accès à toutes les données qu’elle peut échanger.
Des données et des services reliés entre plusieurs acteurs
Un assureur peut relier ses systèmes à ceux d’un tiers, par exemple une application ou un autre fournisseur de services. Des formats et des règles partagés permettent aux logiciels d’interpréter les requêtes de façon cohérente. L’EIOPA décrit l’assurance ouverte comme l’accès et le partage de données d’assurance, généralement par API, tout en soulignant les enjeux d’interopérabilité et de protection.
Trois niveaux d’accès, de l’interne au partenariat
Les API se distinguent aussi par les personnes ou organisations autorisées à les utiliser. Les conditions peuvent aller d’un accès réservé aux équipes internes à une interface proposée à des partenaires. Le tableau distingue ces catégories d’accès des styles techniques REST et SOAP.
| type | utilisateurs autorisés | condition d’accès | usage typique |
|---|---|---|---|
| Privée | Équipes internes | Autorisation interne | Relier les systèmes d’un assureur |
| Publique | Développeurs externes | Inscription ou conditions d’usage | Créer une application connectée |
| Partenaire | Organisations partenaires | Accord et autorisation dédiés | Échanger des données entre entreprises |
La connexion technique prend son sens dans les services qu’elle rend possibles pour les assurés et les entreprises.
Quels usages créent de la valeur pour les assurés et les assureurs ?
Lorsqu’une assurance peut être proposée au moment où une personne en a besoin, le parcours peut éviter plusieurs démarches séparées. Au bon moment, des échanges entre systèmes peuvent rendre un service plus fluide pour les clients. La valeur dépend de la pertinence des données utilisées, pas seulement de leur quantité.
L’assurance ouverte peut rapprocher une couverture d’un besoin précis, sans garantir à elle seule une meilleure offre. Un devis exige des informations adaptées au risque concerné. Ajouter des données inutiles ne rend pas automatiquement le résultat plus juste. Dans le monde du insurance business, la qualité de l’échange compte autant que son ampleur.

Des parcours plus simples pour obtenir une couverture
Une application peut aider à comparer des devis, puis transmettre les éléments utiles à la souscription. Une couverture peut aussi être proposée pendant l’achat d’un produit ou d’un service, au lieu d’exiger une recherche séparée. Si un sinistre survient, les données déjà disponibles peuvent simplifier certaines étapes de déclaration.
Une tarification ou une couverture peut s’adapter à des données pertinentes, sous réserve des règles applicables et de leur qualité. Ces services visent à répondre à une situation concrète ; ils ne rendent pas toutes les offres équivalentes. Pour les consumers et les customers, l’expérience dépend aussi de la clarté des informations demandées.
Des partenariats qui ouvrent de nouveaux services
Les modèles de partenariat varient. Allianz a ouvert en 2018 une partie de sa plateforme Allianz Business System en open source. CoverWallet a lancé sa plateforme ouverte en juin 2018, avec une API articulée autour de trois services : Quote, Buy et Manage.
Blue Marble Microinsurance utilise des données satellitaires, des données à distance et des capteurs ponctuels pour des projets d’assurance paramétrique agricole au Zimbabwe et en Colombie. Ces exemples illustrent différentes opportunities et façons de concevoir des services ; ils ne promettent pas les mêmes résultats à chaque entreprise ou assuré.
Quatre usages permettent de résumer ce que ces échanges peuvent soutenir :
- Comparer des devis en transmettant les données utiles à l’évaluation.
- Proposer une couverture intégrée au moment d’un achat.
- Préremplir une déclaration de sinistre avec des informations disponibles.
- Adapter une couverture à des données pertinentes sur le risque.
Des technologies complémentaires peuvent aussi soutenir la traçabilité de certaines opérations, comme l’explique cet aperçu de la blockchain dans l’assurance. La même circulation de données qui facilite ces services peut aussi transmettre une erreur ou une faille à plusieurs acteurs.
Où se situent les failles et quels dommages peuvent-elles causer ?
Si une application reçoit plus de données que sa tâche ne l’exige, une erreur d’accès peut rapidement devenir une exposition évitable. Le risque commence quand les autorisations dépassent le besoin réel du service. Une permission trop large peut révéler des informations de contrat ou de sinistre qui ne sont pas nécessaires.
Une exposition signifie que des données deviennent accessibles à une personne ou à un système qui ne devrait pas les voir. Un usage abusif peut suivre, mais ce sont deux étapes distinctes. Les données exposées peuvent ensuite être copiées, combinées ou utilisées hors de leur finalité initiale.
Les accès trop larges et les identifiants compromis
Imaginez qu’une application de devis reçoive un accès à l’ensemble d’un dossier, alors qu’elle n’a besoin que de quelques éléments. Un contrôle d’accès insuffisant peut rendre visibles des détails supplémentaires sur le contrat ou un sinistre. Le problème peut venir d’une autorisation mal définie, même sans attaque sophistiquée.
Un autre scénario commence par des identifiants volés. Une personne malveillante peut se faire passer pour un utilisateur autorisé et envoyer des requêtes avec ses droits. Si ces droits couvrent plusieurs dossiers ou types de données, les conséquences dépassent le compte initial. Les applications et les fournisseurs reliés deviennent alors des points à examiner.
Les erreurs de configuration et les données exposées
Une configuration incorrecte peut laisser une interface accessible au-delà du périmètre prévu. Par exemple, une règle de test oubliée peut exposer des informations à des utilisateurs non concernés. Une réponse trop détaillée peut aussi transmettre des champs inutiles, même si la requête de départ paraît légitime.
Les entreprises ne voient pas toujours immédiatement ce qui se passe. Une erreur de traitement peut se répéter à chaque requête automatisée. Un flux automatisé peut amplifier une erreur avant qu’une équipe ne la repère. Ainsi, une information erronée peut être copiée dans plusieurs applications et systèmes connectés.
Les risques qui se propagent chez les partenaires
Un tiers vulnérable peut devenir une porte d’entrée vers les échanges liés à l’assurance. Si ce partenaire conserve des données ou des identifiants, un incident chez lui peut affecter les autres parties reliées. Le risque ne s’arrête pas forcément au fournisseur directement touché : des systèmes connectés peuvent recevoir ou transmettre des informations compromises.
Les conséquences varient selon les données et les accès concernés. Un assuré peut perdre le contrôle d’informations personnelles, ou voir une erreur influencer le traitement d’un contrat ou d’un sinistre. L’ouverture ne rend pas une faille inévitable ; elle appelle des contrôles de conception, d’accès et de suivi.
Comment réduire les risques lors du partage des données ?
Une bonne protection commence par une question simple : cet acteur a-t-il vraiment besoin de chacune de ces données pour rendre le service demandé ? Cette vérification aide à limiter les accès avant même que les systèmes échangent des informations. Chaque autorisation doit rester liée à un usage clair et aux données nécessaires.
Pour l’assuré, le consentement doit expliquer ce qui sera partagé, avec quel tiers et dans quel but. Il doit être compréhensible, lié à un service et révocable selon les modalités de celui-ci. La notion de sharing personal data ne se résume pas à cliquer sur « accepter » : le lecteur doit pouvoir comprendre la portée de son choix.

Limiter les accès et rendre le consentement compréhensible
Le principe du moindre privilège consiste à donner à chaque application seulement les droits nécessaires à sa tâche. Une application qui prépare un devis n’a pas forcément besoin d’accéder à tout l’historique d’un assuré. Ce principe réduit les informations disponibles si un compte ou un système est mal utilisé.
Il faut aussi décrire les choix en termes simples. Un texte qui précise le type de données, l’objectif et le tiers concerné est plus utile qu’une autorisation générale, longue et vague. Les assureurs peuvent expliquer comment retirer l’accès et si le retrait s’effectue dans l’application, auprès de l’assureur, ou aux deux endroits.
Sécuriser les échanges et vérifier les applications
Le chiffrement protège les échanges pendant leur transmission. Une authentification robuste permet de mieux vérifier l’identité des systèmes et des utilisateurs. Les tests de sécurité cherchent les faiblesses avant la mise en service, tandis que les journaux d’accès aident à repérer des comportements inhabituels.
Voici cinq contrôles distincts à intégrer au data sharing :
- Réduire les données transmises au strict nécessaire.
- Chiffrer les échanges entre les systèmes reliés.
- Renforcer l’authentification des utilisateurs et des applications.
- Tester les interfaces avant leur ouverture et après leurs changements.
- Surveiller les journaux d’accès pour repérer les anomalies.
La sécurité des API dépend aussi de leur suivi dans la durée. La gestion des API couvre leur conception, leur déploiement, leur maintenance et leur surveillance. Une documentation précise aide les partenaires à utiliser les échanges comme prévu, et la coordination permet de réagir lorsqu’un système change.
Gouverner les API pendant tout leur cycle de vie
Dans l’assurance, les systèmes anciens, la qualité inégale des données et le nombre croissant de partenaires compliquent la gestion et la montée en charge. Un dossier peut ne pas être décrit de la même manière dans deux outils. Même sans attaque, des données incohérentes peuvent fausser le traitement d’un contrat ou d’un sinistre.
Une bonne gouvernance définit qui peut ouvrir, modifier et retirer une interface. Elle précise aussi les responsabilités de chaque partenaire et les procédures de suivi. Des mécanismes de traçabilité peuvent compléter ces pratiques, comme le décrit l’article sur la traçabilité des échanges par blockchain. Les choix techniques doivent donc s’accorder avec les règles qui encadrent le partage, car un outil de gestion ne suffit pas à lui seul.
Quelles règles et quels standards encadrent l’ouverture ?
L’expérience de l’Open Banking donne des repères utiles, mais elle ne se transpose pas mécaniquement aux données d’assurance. La distinction compte : la PSD2 concerne certains échanges de données bancaires dans l’Union européenne. Cette directive ne crée pas, à elle seule, une obligation générale d’ouverture des données d’assurance.
Dans l’Union européenne, la PSD2 encadre le partage de certaines informations de comptes bancaires avec des prestataires de services financiers, lorsque le titulaire donne son accord. Au Royaume-Uni, les Open Banking Standards organisent aussi l’accès à des données bancaires avec consentement. Ces cadres relèvent du secteur bancaire, pas d’une règle universelle pour l’assurance.
Pour l’assurance ouverte, des initiatives cherchent à rapprocher les pratiques. OPIN travaille sur l’interopérabilité et les standards d’accès aux données d’assurance. L’initiative a collaboré avec COVESA pour aligner des standards liés à l’assurance et à la mobilité. Un article de KPMG France présente aussi les défis de l’interopérabilité dans l’assurance ouverte et les différences d’approche entre assureurs.
Ce que l’Open Banking apprend sans s’appliquer automatiquement à l’assurance
L’Open Banking montre comment des règles et des formats communs peuvent organiser des échanges dans un marché donné. Cette expérience éclaire les discussions de l’assurance industry, sans remplacer les choix propres à l’assurance. Les données, les usages et les responsabilités ne sont pas identiques d’un secteur à l’autre.
Des standards pour rendre les échanges compatibles
Des standards communs peuvent aligner les définitions et les formats employés par plusieurs acteurs. Une donnée de contrat décrite de façon cohérente est plus facile à interpréter dans des systèmes différents. Ce travail soutient l’interoperability, mais ne décide pas qui peut accéder aux informations ni pour quelle finalité.
Un format commun facilite l’échange, mais ne règle pas automatiquement le consentement, la finalité ni la responsabilité.
Le tableau distingue les périmètres et les approches, sans les présenter comme un cadre unique.
| initiative | périmètre | condition ou approche | rôle des standards |
|---|---|---|---|
| Open Banking dans l’UE | Certaines données de comptes bancaires | Accord du titulaire selon la PSD2 | Organiser des échanges compatibles |
| Open Banking au Royaume-Uni | Données bancaires | Accès avec consentement | Définir des formats et règles communs |
| Open Insurance via OPIN | Données d’assurance | Travail sur l’interopérabilité | Aligner l’accès et les définitions |
Un échange solide reste limité, compréhensible et gouverné. Vous pouvez commencer par demander quelles données un service réclame et pourquoi, puis vérifier si cette demande correspond à son usage.
Conclusion
Une API bien pensée peut rapprocher un service de son utilisateur, à condition que les données ne circulent pas sans limites claires. Retenez deux repères : une API organise un échange, mais ne garantit pas sa sécurité ; les permissions doivent rester liées à une finalité précise.
Si vous êtes consommateur, vérifiez quelles données une application demande avant d’autoriser l’accès. Si vous travaillez dans l’assurance, cartographiez le flux concerné avant de l’ouvrir à un partenaire, y compris les systèmes intermédiaires. Cette première vérification concrète aide à concilier l’innovation avec la protection des données.
