En février 2022, AXA a annoncé 300 000 euros d’investissement dans The Sandbox, un pari de Métavers assurance inédit en France. L’assureur devenait alors le premier du pays à annoncer un investissement dans le métavers. Un investissement pilote est une dépense limitée destinée à tester un usage avant un déploiement plus large.

À l’époque, les entreprises cherchaient leur place dans des espaces numériques qui mêlaient jeux vidéo, commerce et internet. Mais que révèle la suite de ces annonces : un simple effet de nouveauté ou une expérimentation commerciale encore utile ? Nous allons distinguer les essais de marque et de service des promesses de couverture des actifs numériques. Ce regard aide à comprendre pourquoi le temps et les usages comptent davantage qu’une belle vitrine virtuelle.

À retenir

  • AXA a annoncé 300 000 euros d’investissement dans The Sandbox.
  • Un investissement pilote teste un usage à petite échelle.
  • Les plateformes ne partagent pas automatiquement leurs outils ni leurs actifs.
  • Un risque numérique n’est pas automatiquement couvert par un contrat.
  • Une annonce ne suffit pas à prouver la rentabilité d’un service.

Pourquoi le Métavers assurance a-t-il attiré les assureurs ?

Les assureurs ont surtout cherché à tester, apprendre et gagner en visibilité. Un espace numérique pouvait leur offrir une vitrine nouvelle, tout en leur permettant d’observer les attentes des clients et les usages possibles.

La présence dans une plateforme ne prouvait pas qu’un service était rentable. Elle pouvait néanmoins aider une marque à se familiariser avec des outils encore peu connus. La prudence consistait à traiter cette présence comme une expérience, pas comme une nouvelle agence déjà prête à remplacer les canaux existants.

Une vitrine virtuelle peut faire connaître une marque, mais elle ne démontre pas à elle seule qu’un modèle commercial fonctionne.

La visibilité de marque et l’apprentissage

Une parcelle dans une plateforme pouvait attirer l’attention des médias et des internautes. Pour des entreprises en quête de nouveaux publics, cette visibilité avait une valeur de communication. Elle leur donnait aussi l’occasion d’apprendre comment se déroulaient les échanges par avatars et comment concevoir des services dans cet univers.

Une expérience immersive pouvait présenter un produit de façon plus concrète qu’une page de texte. Elle pouvait aussi servir à entraîner des collaborateurs dans un environnement simulé. Ces usages restaient des pistes, sans être déjà généralisés dans l’assurance.

La relation client et la distribution

Un accueil virtuel pouvait créer un lieu de discussion moins formel qu’un rendez-vous classique. Les assureurs pouvaient tester des démonstrations, des questions-réponses ou des parcours de distribution. Mais l’intérêt dépendait de la présence réelle des clients et de leur aisance avec la plateforme.

Parmi les motivations envisageables, on peut distinguer quatre essais concrets :

  • Tester un accueil virtuel pour guider un visiteur.
  • Rendre un produit d’assurance plus concret grâce à une démonstration.
  • Attirer l’attention sur la marque dans un nouvel espace.
  • Familiariser les équipes avec des outils immersifs.

Ces objectifs dépendaient des plateformes choisies et de leurs publics. Pour comprendre les limites d’un tel pari, il faut regarder pourquoi ces espaces n’étaient pas interchangeables.

Pourquoi ces univers numériques étaient-ils difficiles à faire durer ?

Un casque ou un actif acheté pour une plateforme ne devient pas automatiquement utilisable ailleurs. Le métavers rassemble des univers numériques distincts, avec leurs propres règles, outils et modèles économiques. Le passage d’un monde à l’autre n’est donc pas aussi simple que de changer de page internet.

Les actifs, les monnaies et les équipements ne circulent pas automatiquement entre plateformes. Leur interopérabilité, c’est-à-dire leur capacité à fonctionner ensemble, dépend d’accords techniques et de choix communs. Pour un investisseur, un projet réussi sur une plateforme ne garantit donc pas le même résultat ailleurs.

A Surreal Digital Landscape Depicting A Virtual Platform Representing &Quot;The Sandbox,&Quot; Featuring A Vibrant, Pixelated Terrain With A Mix Of Fantasy And Architectural Elements. In The Foreground, A Stylized Representation Of A &Quot;Parcelle&Quot; (Parcel Of Land) Is Shown, Surrounded By Digital Trees And Animated Structures, Symbolizing Investment Opportunities. The Middle Ground Highlights A Group Of Professional Business People In Modest Attire, Engaged In A Discussion, Contemplating The Potential And Limitations Of Digital Assets Like Nfts. The Background Should Present A Blurred, Expansive Digital Skyline, Emphasizing The Constraints These Platforms Impose, Under A Futuristic Twilight Sky With Soft, Glowing Lights, Creating A Reflective, Somber Mood That Conveys Both Hope And Skepticism In The Digital Economy.

Plateforme Caractéristique concrète Dépendance ou limite pour l’investisseur
The Sandbox Parcelles et objets pouvant être associés à un NFT Les actifs restent liés aux règles et aux usages de la plateforme
Decentraland Près de 100 000 parcelles, environ 23 km², et le MANA sur Ethereum Les transactions dépendent du MANA et de la blockchain Ethereum
Meta / Horizon Worlds Horizon Worlds est associé au projet de Meta L’accès et les usages dépendent de l’écosystème de Meta

Dans The Sandbox, un NFT peut être associé à une parcelle ou à un objet. Un jeton non fongible, ou NFT, est un certificat numérique qui désigne un actif précis. Il ne garantit pas que cet actif pourra être déplacé ou utilisé dans un autre monde virtuel.

Decentraland s’appuie sur le MANA, une cryptomonnaie reposant sur Ethereum. Cette organisation diffère de celle de Horizon Worlds, associé au projet de Meta. Alibaba avait aussi annoncé trois projets : Ali Metaverse, Taobao Metaverse et DingDing Metaverse. Leurs noms ne suffisent pas à en faire un espace commun.

Les casques de réalité virtuelle ne donnent pas non plus accès à tous les univers de la même manière. Certains espaces se visitent avec un écran ordinaire, d’autres misent davantage sur l’immersion. Cette diversité complique les choix d’équipement et les expériences que les entreprises peuvent proposer à leurs clients.

La fragmentation augmente le risque d’engager des moyens dans un écosystème qui ne s’impose pas auprès du public. Elle pose aussi une question pour l’assurance : quels risques concrets ces espaces créent-ils ?

Quels risques l’assurance peut-elle rencontrer dans ces espaces ?

Les assureurs britanniques ont relevé une hausse de 68 % des accidents domestiques liés aux casques de réalité virtuelle depuis 2016. Le coût moyen de ces sinistres était de 780 euros. Un salon encombré peut donc devenir un lieu d’accident quand l’utilisateur ne voit plus son environnement immédiat.

Un risque identifiable ne signifie pas qu’un contrat d’assurance le couvre déjà. Les garanties et les exclusions dépendent des contrats, qui ne prévoient pas automatiquement la protection des biens virtuels ou des préjudices liés au métavers.

Strate Exemple de risque Enjeu d’assurance
Équipements et interfaces Chute avec un casque, blessure ou appareil endommagé Examiner les dommages corporels et matériels
Logiciels et cybersécurité Piratage, vol d’identité ou d’actifs numériques Définir les pertes couvertes et les conditions de déclaration
Infrastructures et serveurs Interruption de service ou panne de serveur Évaluer les pertes d’activité et les responsabilités

Les équipements et les infrastructures

Un casque de réalité virtuelle réduit la perception de ce qui se trouve autour de l’utilisateur. Un meuble, un animal ou un escalier peut alors provoquer une chute. La réalité augmentée superpose des éléments numériques au monde réel, mais elle ne supprime pas les risques liés à l’équipement ou au lieu.

Une panne de serveur peut aussi interrompre l’accès à une plateforme et à des activités qui en dépendent. Pour une entreprise, la question porte alors sur les pertes d’exploitation, la durée de l’interruption et la responsabilité de l’opérateur.

Les risques numériques, identitaires et juridiques

En 2021, le coût mondial de la cybercriminalité a dépassé 6 000 milliards de dollars. Dans les univers numériques, le piratage peut toucher des comptes, des données personnelles ou des actifs numériques. Le vol d’identité peut aussi faciliter des fraudes, même si le dommage commence en ligne.

Les contrats doivent préciser ce qui relève d’un vol, d’une erreur technique ou d’une perte de valeur. Les règles de responsabilité et le droit applicable peuvent varier selon les acteurs et les territoires concernés. Pour mieux comprendre les exclusions et les garanties, vous pouvez consulter ce guide sur la lecture d’un contrat d’assurance.

Un risque mesurable n’est donc pas nécessairement couvert par les assurances actuelles. Les revers de certains projets permettent-ils pour autant de conclure que tout le secteur est voué à disparaître ?

Que révèle le recul des projets sur les investissements du secteur ?

Les transactions de NFT ont atteint 17 milliards de dollars en 2021, puis le marché des NFT a reculé en 2022, dans un contexte de crise, de guerre et d’inflation. Ce contraste montre une forte volatilité, mais ne prouve ni la disparition du métavers ni une perte précise pour un assureur.

Un volume élevé de transactions ne démontre pas, à lui seul, une demande durable. Les échanges peuvent augmenter pendant une période d’engouement, sans garantir que les utilisateurs reviendront ou paieront pour des services sur plusieurs années.

A Market Screen Displaying A Decline In Nft And Digital Asset Values, With Vibrant Red Downward Arrows Indicating Loss. The Foreground Features A Digital Interface Filled With Graphs And Charts, Highlighting Plummeting Stats. In The Middle Ground, A Business Professional In Smart Attire Stands With Crossed Arms, Looking Concerned At The Screen. The Background Shows A Futuristic City Skyline, Slightly Blurred To Emphasize The Foreground. The Atmosphere Is Tense And Somber, Captured Under Moody, Dim Lighting That Casts Shadows, Suggesting A Sense Of Uncertainty In The Digital Economy. A Close-Up Angle Focuses On The Screen, Highlighting The Stark Contrast Between The Bright Digital Data And The Somber Expressions Around It.

Ce que les chiffres permettent d’affirmer

La hausse de 2021 indique que les NFT ont suscité un intérêt économique important. Le recul de l’année suivante rappelle que la valeur des actifs numériques peut changer rapidement. Ces chiffres décrivent un marché à une période donnée, pas le succès futur de chaque plateforme ni de chaque projet d’entreprise.

Il ne faut pas en déduire que l’investissement annoncé par AXA a été perdu, ni que son agence virtuelle a fermé. Ces deux affirmations ne sont pas établies. Une annonce d’investissement et les résultats ultérieurs d’un projet sont des faits différents.

Les fragilités derrière les promesses

Un projet peut attirer peu d’utilisateurs réguliers, dépendre d’une seule plateforme ou ne pas trouver de modèle de revenus viable. La volatilité des actifs complique aussi l’évaluation des biens. Et même si une expérience plaît, les coûts de création et d’exploitation peuvent dépasser les recettes.

Avant de juger un investissement numérique, une entreprise peut examiner cinq éléments :

  • L’usage réel, au-delà des visites ponctuelles.
  • Le public visé et ses habitudes numériques.
  • Le modèle de revenus et les coûts d’exploitation.
  • La portabilité des actifs vers d’autres plateformes.
  • La gouvernance du projet et ses mesures de sécurité.

Ces vérifications ne prédisent pas l’avenir, mais elles rendent les hypothèses plus visibles. L’échec d’une promesse de croissance rapide ne prouve pas l’inutilité de tout usage numérique. Il invite plutôt les assureurs à tirer des leçons de gestion de ces expériences.

Comment les assureurs peuvent-ils tirer des leçons de ces expériences ?

Les assureurs ont davantage à gagner en testant un usage concret qu’en pariant sur la disparition des frontières entre plateformes. Un besoin client mesurable donne un meilleur point de départ qu’une présence virtuelle conçue pour faire parler d’elle.

Chaque projet devrait être évalué selon son utilité, son coût et les protections qu’il prévoit. Il faut examiner les besoins du client, les coûts d’exploitation, la cybersécurité et la protection des données. La compatibilité avec les parcours existants compte aussi, tout comme la possibilité de mesurer les résultats.

Un projet immersif mérite d’être poursuivi si son utilité se mesure et si ses risques sont encadrés.

Les espaces immersifs pourraient soutenir la pédagogie, la formation ou certains échanges à distance. Par exemple, une démonstration interactive peut aider un client à comprendre un service complexe. Elle ne remplace pas automatiquement une agence, un site internet ou un rendez-vous téléphonique.

Les équipes doivent aussi séparer deux sujets : l’assurance des équipements et infrastructures, puis l’éventuelle couverture des biens virtuels. Pour ces derniers, le contrat doit définir les actifs visés, les pertes couvertes et les conditions d’indemnisation. Un aperçu des enjeux de l’assurance dans le métavers détaille ces questions.

La gestion des données demande la même précision. Une plateforme peut recueillir des informations liées aux comptes, aux échanges et aux comportements. L’entreprise doit savoir qui y accède, où les données sont stockées et comment une atteinte à la sécurité serait traitée.

Une estimation du secteur ne doit pas être confondue avec des ventes déjà réalisées. Aon estime que les primes brutes liées au métavers pourraient dépasser 20 milliards de dollars d’ici 2030. Cette projection figure dans son analyse des possibilités d’assurance des actifs virtuels, et non dans le bilan actuel d’un marché établi.

La bonne démarche consiste à lancer une expérimentation limitée, puis à comparer ses résultats aux objectifs annoncés. Les assureurs peuvent juger chaque essai par des indicateurs observables et par les protections réellement prévues. Le secteur doit maintenant choisir : suivre l’effet de mode ou construire un service utile.

Conclusion

Les difficultés rencontrées éclairent les limites du pari, sans démontrer que tout usage immersif va disparaître. Les investissements ont servi à tester des services et à prendre position, mais la fragmentation des plateformes et l’incertitude commerciale fragilisent les promesses de déploiement rapide.

Pour toute annonce future, demandez-vous quel besoin elle vise, quel risque elle couvre et quels résultats elle mesure. Cette vérification concrète permet de distinguer une expérience utile d’une vitrine sans suite.

FAQ

Qu’est-ce que le metaverse ?

Le métavers est un espace numérique persistant où des personnes interagissent, souvent par l’intermédiaire d’avatars. Il peut accueillir des échanges, des jeux ou des activités commerciales. Le mot ne désigne pas une plateforme unique : plusieurs univers numériques peuvent fonctionner séparément, avec leurs propres règles, outils et communautés.

Quelle est la définition du mot "metavers" selon le dictionnaire Larousse ?

Le sens donné par Larousse peut se paraphraser comme celui d’un monde virtuel immersif et partagé, où plusieurs personnes peuvent se retrouver et interagir. Cette formulation résume l’idée générale sans constituer une citation littérale. Le terme est aussi employé pour des espaces numériques qui diffèrent par leurs usages et leur degré d’immersion.

Quelle est la différence entre un metaverse et un multiverse ?

Le métavers désigne un espace numérique, ou un ensemble d’espaces numériques, où des personnes interagissent. Le multivers désigne généralement plusieurs univers, souvent dans la fiction ou la cosmologie. Les deux mots peuvent prendre des sens différents selon le contexte, mais ils ne désignent pas automatiquement la même chose.

Quel est le synonyme de "metaverse" ?

« Univers virtuel » est un équivalent descriptif courant de « métavers ». Il évoque un espace numérique où des personnes peuvent se rencontrer ou agir. L’expression ne recouvre pas toujours toutes les caractéristiques associées au métavers, notamment la persistance de l’espace, les interactions entre utilisateurs ou l’existence de biens numériques.

Pouvez-vous donner un exemple de metaverse ?

The Sandbox est un exemple de métavers. Les utilisateurs peuvent y découvrir des parcelles et des objets numériques, certains associés à des NFT. Ces actifs sont liés aux règles de la plateforme et ne deviennent pas automatiquement utilisables dans d’autres univers numériques. The Sandbox combine ainsi des éléments de jeu et de propriété numérique.