Les enjeux autour de l’intégration technologique des assurtech
Il n’est plus un secret que l’univers des assurtechs subit une révolution avec l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) et autres technologies avancées. Bien que ces innovations promettent de redéfinir le secteur de l’assurance, elles suscitent aussi des préoccupations majeures parmi les régulateurs, comme l’a récemment souligné Jared Kosky, adjoint au commissaire du département des assurances du Connecticut. Dans cette ambiance de transformation, la question brûlante est celle de la transparence et de l’équité dans l’utilisation des algorithmes.
Les régulateurs, aux États-Unis notamment, scrutent de près sous la loupe des pratiques de certaines assurtechs, envisageant la perspective de discriminations injustes pouvant résulter de ces fameux algorithmes dits “boîtes noires”. On le sait, l’opacité qui entoure les algorithmes cause des froncements de sourcils, tant on semble naviguer à vue. Pas étonnant quand on sait que la technologie est comme un couteau à double tranchant : elle peut simplifier les processus, certes, mais aussi perpétuer des biais inconscients si on n’y prend pas garde. C’est un peu comme s’aventurer en terre inconnue sans boussole.
La menace des discriminations algorithmiques
Si l’on se penche sur les craintes des autorités, une question se pose : comment éviter que le tri algorithmique des assurtechs ne devienne un reflet des préjugés d’antan ? Après tout, comme le rappelle souvent Jared Kosky, classifier les risques sur des bases justifiées est légitime, mais il faut veiller à ne pas franchir la ligne de la discrimination injuste. À ce propos, la National Association of Insurance Commissioners (NAIC) travaille à corriger le tir en évitant les dérives liées à l’usage des technologies d’IA dans l’assurance.
L’affaire ne s’arrête pas seulement à l’usage des algorithmes pour la tarification des polices, mais s’étend aussi à leurs stratégies marketing. Imaginez, vous allumez votre ordinateur et une publicité ciblée vous propose spontanément une assurance vie juste parce que vous avez récemment consulté un article sur la longévité des tortues… C’est cette capacité presque intrusive des technologies à cerner les clients potentiels qui a mis la puce à l’oreille des régulateurs.
Une quête de transparence et d’expérimentation
La volonté des régulateurs est de davantage comprendre les technologies employées par les assurtechs. La transparence doit devenir un maître mot : une sorte de passeport indispensable pour qu’aucun acteur du domaine de l’assurance ne puisse se dérober à son devoir d’explication vis-à-vis des utilisateurs finaux. En d’autres termes, “clarté” et “responsabilité” ne sont pas de simples options, mais bien des obligations pour éviter le moindre vent de panique dans le public déjà confronté à des transformations rapides.
Mais comment favoriser ces avancées sans ralentir l’innovation ? C’est là qu’entrent en scène les *sandbox* technologiques, des espaces d’expérimentation sûrs où les entreprises peuvent tester leurs nouvelles idées en toute sérénité. Cette initiative n’offre pas seulement un filet de sécurité aux assureurs innovants, c’est un vrai plus pour une industrie qui, telle une vieille machine, se doit de rattraper son retard sur le plan technologique sans brusquer les rouages existants.
Ce degré d’ouverture permet également aux régulateurs d’anticiper et d’accompagner les nouvelles dynamiques de communication avec les clients, notamment en termes de modifications de tarifs et de justifications des décisions prises grâce aux technologies de demain. Ce dialogue entre innovation et transparence n’en devient que plus crucial si l’on cherche à éviter l’ornière de la non-conformité.
Quand on met tout cela en perspective, qu’il s’agisse de l’intégration de la technologie ou de l’impératif de transparence, la route semble tracée. C’est alléchant et plein de promesses. Cela dit, soyons réalistes : dans un monde où la technologie s’invite à notre table, la vigilance doit rester de mise pour s’assurer que ce bras de fer entre innovation et régulation se termine sur une note harmonieuse. Après tout, il n’y a pas de mal à se lever du bon pied en sachant que les fondations de demain se posent aujourd’hui.


